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le mot du président

23 avril 2017

Yom Hashoah

Mesdames, Messieurs,

lorsque le rabbin Daniel Fahri a organisé en 1991 la première lecture publique des noms des Juifs de France victimes de la Shoah et héros de la résistance juive, avec l'appui de Serge Klarsfeld, l'objectif était double. En premier lieu, il s'agissait bien sûr de donner à entendre les noms des 76 000 victimes juives de France. Mais il s'agissait aussi d'un acte public, qui devait amener l'ensemble des Français, juifs et non-juifs, à réfléchir ensemble aux mécanismes qui ont permis d'envoyer à la mort des Juifs parce qu'ils étaient juifs.

Donner à entendre les noms de ces 76 000 hommes, femmes et enfants, c'est leur rendre leur nom, un par un, les sauver du gouffre de l'anonymat dans lequel ils ont été plongés. Les grands travaux historiques de recherche sur la Shoah ont globalement été faits, que l'on pense aux livres fondamentaux écrits par Raul Hilberg, Saul Friedländer, et, en France, par Annette Wieviorka. Mais, et Serge Klarsfeld s'en est fait l'écho dans plusieurs interviews récentes, il reste une multitude de travaux historiques régionaux et locaux à mener. C'est ce qu'on appelle de la micro-histoire. On peut citer, à titre d'exemple, Les Disparus, de Daniel Mendelsohn, et Histoire des grands-parents que je n'ai pas eus, d'Ivan Jablonka, livres dans lesquels ces deux auteurs, selon des modalités certes différentes, en privilégiant la collecte de détails singuliers auprès de ceux qui ont connu les disparus, tentent de restituer aux morts les témoignages les plus sensibles de l'humanité qui leur a été arrachée. C'est une humanité disparue à laquelle l'écriture redonne chair. Dans cette perspective, les livres mémoriaux des Juifs d'Alsace, écrits respectivement par M. le Grand Rabbin René Gutman pour les Juifs du Bas-Rhin, par M. le Grand Rabbin Jacky Dreyfus et Daniel Fuks pour les Juifs du Haut-Rhin, sont indispensables et fondamentaux.

Mais, comme je l'indiquais précédemment, la lecture publique des noms devait et doit être également l'occasion, pour l'ensemble de la communauté nationale, d'une réflexion sur les dynamiques qui ont conduit une partie de la population française à envoyer à la mort, voire, dans certains cas, à assassiner directement, certains de leurs concitoyens, ou des étrangers réfugiés en France, pour la raison qu'ils étaient juifs. Depuis la première lecture publique des noms des Juifs de France victimes de la Shoah et héros de la résistance juive, on le sait, la France a, par la voix du président de la République Jacques Chirac, en 1995, reconnu sa responsabilité : à l'occasion de la commémoration de la Rafle du Vel' d'Hiv', le président Chirac a en effet reconnu que, ce 16 juillet 1942, la France, « terre d'accueil et d'asile », « accomplissait l'irréparable. Manquant à sa parole, elle livrait ses protégés à leurs bourreaux ». Ce discours fort, qui mériterait d'être relu en intégralité, représente évidemment un jalon important. Mais, force est de le constater, malgré cela, malgré les commémorations, malgré le travail auprès de la jeunesse, l'antisémitisme continue de faire des victimes en France, et en Europe plus largement. On continue de tuer des Juifs parce qu'ils sont juifs, à Paris, à Toulouse, à Copenhague. On continue des les agresser parce qu'ils sont juifs, à Paris, à Strasbourg. Et, quand on ne peut s'en prendre aux vivants, on s'attaque aux morts, à Sarre-Union ou, tout récemment, à Waldwisse. Cela nous concerne tous.

Elie Wiesel écrit dans Paroles d'étranger : « l'antisémitisme est un baromètre qui dépasse la question juive. On mesure l'humanité d'une communauté nationale ou ethnique selon son attitude envers l'étranger juif, donc envers le Juif ». A l'aune de ce baromètre, force est de constater que notre pays connaît une situation de crise. Les Juifs ont été haïs au cours de l'Histoire parce qu'ils étaient différents : non-chrétiens dans l'Europe chrétienne, non-musulmans dans le Proche et le Moyen Orient musulmans. Mais nous sommes tous, qui que nous soyons, différents et uniques. C'est ce qui fait de nous des êtres humains. Une société qui n'a pas de place pour la différence n'a pas de place pour l'humanité. Comme le faisait remarquer le rabbin Jonathan Sacks, ancien grand rabbin du Royaume-Uni et du Commonwealth, « la haine qui commence avec les Juifs ne s'arrête jamais avec les Juifs ». Et, de fait, on a pu constater que la haine terroriste visait désormais en France juifs et non-juifs. L'antisémitisme, poursuivait le grand rabbin Sacks, permet aux antisémites de transformer la question « Pourquoi cela m'arrive-t-il, pourquoi suis-je dans telle ou telle situation difficile ? » en une nouvelle question : « Qui m'a fait cela ? ». Dans cette perspective, pour l'antisémite, la situation qui est la sienne est toujours la faute d'un autre, pas la sienne. C'est une réponse commode, qui permet de trouver un coupable, et qui a les conséquences terribles que nous connaissons.

Ce Yom Hashoah, qui est un jour de mémoire, doit donc aussi être un jour de sursaut collectif, face à l'intégrisme religieux, face aussi à la montée des extrêmes politiques, face à ceux qui considèrent que la Shoah est un détail de l'histoire, comme face à ceux qui refusent aux Juifs le droit d'avoir leur propre Etat national, et dont l'antisionisme n'est qu'un nouvel avatar de la très antique haine des Juifs. C'est à nous tous, Juifs et non-juifs, Français et Européens, de maintenir vivante la mémoire de la Shoah, de lutter contre la haine antisémite et raciste, contre les discours complotistes répandus insidieusement auprès des plus fragiles, et, ainsi, de préserver activement les forces de l'espoir.

Je vous remercie.

Elie DAVID, président de l'UJLS

Chers amis,

La triste actualité d’Alep et de Berlin nous rappelle que la barbarie reste présente et se nourrit encore de trop nombreuses vies humaines.

Cette année nous fêtons l’allumage de la 1ère bougie de Hanouccah le même soir que la veille de Noël. Ce sont toutes deux des fêtes de la lumière qui symbolise l’espérance de l’homme en des temps meilleurs.

Pour nous ces lumières de Hanouccah, après la victoire des Maccabées contre l’empire séleucide, c’est aussi l’image du savoir éclairant le monde contre l’assimilation d’une pensée unique, grecque à l’époque.

Notre spécificité, c’est notre libre arbitre à remettre en cause les dogmes pour enrichir notre humanité et l’humanité. C’est évidemment le sens de l’Union juive libérale de Strasbourg.

Nous avons la chance de vivre dans un pays libre et démocratique et dans une période de tolérance pour la communauté juive, cela n’a souvent pas été le cas. Mais nous sentons bien qu’aujourd’hui les tensions s’avivent et que des extrêmes se retrouvent dans un intérêt partagé de cliver notre société. Il est important en ces moments de fêtes de ne pas se laisser aller à nos passions et garder notre capacité de réflexion à s’opposer à ces extrêmes, car aucune n’est bonne pour notre République.

Que ces moments de fêtes, entourés de nos familles et au sein de notre communauté, nous donne la force de mener le combat intellectuel nécessaire contre la xénophobie d’extrême droite, le racisme des islamistes et l’antisionisme antisémite d’extrême gauche.

Pour que nous vainquions comme les Maccabées et que nous puissions profiter pleinement des fêtes pendant longtemps en paix.

Hag Hanouccah Saméah à tous.

Chers amis,

Je vous propose de lire ce magnifique texte de Freddy Raphaël, sur l'importance des commémorations.

Freddy Raphaël professeur émérite de sociologie à l’Université Marc Bloch de Strasbourg

Extrait du discours prononcé le 8 mai 2016 à l'occasion de Yom Hashoah

Commémoration organisée par

le CRIF Alsace, le Consistoire Israélite du Bas-Rhin et l'Union Juive Libérale de Strasbourg

Pourquoi la commémoration fait sens – Le nécessaire sursaut

Il importe près de 75 ans après la Shoah de nous intéresser à la pertinence d'une commémoration.

Il convient d'échapper aux mots ressassés, aux poncifs repris jusqu'à la nausée, aux rites vieillis. La «Résistance », ce beau vocable a été « tant de fois galvaudé, usé par une invocation incessante à l'appui de toutes les causes ». Il a servi de caution à « tant de jugements manichéens et expéditifs ». La « Déportation », fait l'objet de tant de récits, « que beaucoup, dans l'accoutumance somnolente d'un genre humain gavé d'horreurs, s'en trouvent indisposés et las ». Ce passé ne fait plus recette dans les discours politiques. Grande alors est la tentation de se réfugier dans le silence.

Et pourtant, il importe plus que jamais de nous ressaisir, et de refuser que l'oubli et l'indifférence ne masquent l'abjection de ces images qui hantent les anciens déportés : « la férocité de la Gestapo et de la Milice, l'atrocité des transports dans les wagons à bestiaux, les tortures de la soif et de l'étouffement, le déballage des morts tirés par les pieds, la réception des vivants à coups de matraques par les S.S. dans un atroce mélange de bestialité et de discipline ».

Et pourtant, plus que jamais, il faut inlassablement rappeler que dans le dénuement extrême, dans la déchéance avilissante, se dressèrent des hommes : « impossible de tricher lorsque l'oedème des jambes apparaît, lorsque nu, affublé du costume rayé on ne respire plus librement ». La prison, les camps furent les révélateurs involontaires de nos convictions d'hommes », écrit Albert Bronner. « L'ouvrier reste l'ouvrier, le politicien un politicien. Et pourtant, dans la détresse et la famine, une réconciliation autrement impossible s'opérait en de rares moments privilégiés où s'abolissent clivages, verrous, mépris et indifférence ».

Des nombreux témoignages et réflexions poignants dans leur sobriété, je retiens que la commémoration n'a de sens que si elle est lucide et exigeante. Elle ne doit pas masquer l'attentisme et les lâchetés, la collaboration active avec l'occupant et la trahison. La commémoration renvoie chacun d'entre nous à notre responsabilité présente, quelle que soit notre place dans la société. Elle marque notre refus de la banalisation du mal, de la construction d'une histoire purement victimaire, qui élude l'importance des choix aux heures les plus sombres.

S'impose à nous l'exigence d'être, comme Marc Bloch, des serviteurs de la vérité, de prendre en charge les témoignages et le travail de la mémoire. Face aux défis changeants de notre société à travers le temps, ils reconstruisent inévitablement une part du passé. Alors s'impose à nous, tout aussi impérativement, un devoir d'histoire. Nous devons nous attacher, en nous soumettant aux règles de nos disciplines scientifiques, à scruter des faits complexes, parfois contradictoires, pour tenter de construire des modèles interprétatifs nous permettant de comprendre les enjeux du présent.

Commémorer, c'est pratiquer collectivement une « mémoire-message ». C'est une démarche pour rendre contemporain, dans un lieu et une date à forte charge symbolique, un événement du passé, auquel nous sommes reliés par un horizon d'attente. La commémoration vise à susciter un sursaut.

Pour Maurice Halbwachs, qui a enseigné à l'Université de Strasbourg, qui entra en résistance et mourut en déportation, il importe, face à la falsification de l'histoire élaborée par les nazis et leurs complices vichyssois, de réaffirmer les fondements éthiques de la République. Contre la perversion des valeurs de la démocratie, dont nous sommes les témoins, il y a lieu d'actualiser le passé et de lui conférer une charge de sens.

J'entends transmettre, en ces jours d'épreuves renouvelés, le message du Professeur Jean Lassus, rescapé du train de la mort, revenu de Dachau et de Dora : » il faut que les bourreaux soient punis. Mais il faut surtout qu'il n'y ait plus de bourreaux. Nous avons vu souvent monter dans les regards des S.S. la cruauté et la rage ; spectacle affreux. Chassons de nous, chassons de l'âme de nos enfants toute rage et toute cruauté. Que l'enfer ait échoué. Qu'il reste malgré tout des hommes sur la terre ! Nous avions, pour la victoire, sacrifié nos joies et nos vies ; sachons sacrifier nos vengeances et nos haines ! ».

Commémorer, c'est croire au matin, c'est croire en ce matin là.

Chers amis,

Nous avons vécu ce Shabbath des scènes que nous aurions espéré ne plus voir depuis les attentats sanglants de Charlie et de l'Hyper cacher.

Paris, et au travers elle, la France, a de nouveau subi des attaques meurtrières.

Nos pensées vont d'abord aux victimes survivantes et aux famille des disparus que nous assurons de notre solidarité dans cette douloureuse épreuve,

Ces actes de barbarie nous touchent tous, en tant que juif bien sûr, en tant que citoyen français, mais surtout en tant qu’être humain.

Nous devons rester unis et rassemblés au sein de la communauté nationale pour faire face à cette terreur que certains fanatiques veulent nous imposer.

Nous avons la semaine dernière montré notre refus de nous soumettre à l'obscurantisme à travers les concerts des “Sacrées Journées“ au cours desquelles notre ami Hector Sabo et les Polyphonies Hébraïque ont pu se produire à la grande mosquée de Strasbourg, dans un moment de partage et de fraternité.

Nous espérons que personne ne fera d'amalgame et n'osera exploiter ces tragiques événements pour d'obscures raisons politiques.

Nous prierons le Shabbath prochain pour les victimes et pour la République française afin d'exprimer notre soutien à ses valeurs, qui nous lient tous au sein de notre communauté nationale, et qui sont aujourd’hui la cible des terroristes.

Amicalement

Pierre HAAS
Président de l'U.J.L.S.

le mot du président

Chers amis,

Permettez-moi en tant que Président de l’Union Juive Libérale de Strasbourg et membre du Bureau du Crif Alsace de vous remercier de votre présence à cette commémoration au nom des co-organisateurs auxquels est associé le Consistoire Israélite du Bas-Rhin.

Monsieur le Maire a introduit la journée en marquant les 70 ans de la libération des camps par une cérémonie à l’Allée des Justes et nous poursuivons par cette lecture publique des noms des victimes alsaciennes de la Shoah.

70 ans déjà, se sont passés, cela représente 2 générations humaines après celle qui a subi l’indicible.

C’est à la fois si loin et si proche pourtant.

Loin car notre société a fortement évolué durant cette période, tant techniquement qu’humainement.

Au niveau technologique, le développement d’internet permet une information immédiate et visuelle. Le rôle des réseaux sociaux dans les printemps arabes et la chute des tyrans a été essentiel et ce n’est pas sans raison que les dictatures restreignent sa diffusion.

Mais cette technologie a aussi permis de falsifier les évènements, de nier la Shoah et véhiculer des discours antisémites, de haine et racistes. Sans contradiction immédiate possible, elle permet la manipulation des esprits et l’embrigadement qui peut aboutir à une barbarie sans nom.

Au niveau humain, la population mondiale a quadruplé alors que la population juive n’a fait que reprendre son niveau d’avant-guerre mais avec une répartition très différente. Alors que 60% des juifs vivaient en Europe avant-guerre, ils n’y sont plus que 10% !

La shoah a détruit le judaïsme européen et les derniers témoins directs disparaissent.

Si en France, la communauté a su se reprendre notamment par l’arrivée des juifs séfarades, chassés des pays arabes, il n’en reste pas moins que nous sommes devenus des gardiens des cimetières de la culture ashkénaze.

Et pourtant, cette destruction ne suffit pas à certains…

C’est pourquoi, la shoah n’est pas si loin que cela à nos yeux !

En effet, lorsque nous avions décliné cette manifestation au niveau alsacien, nous visions, dès le départ deux objectifs :

- honorer la mémoire des victimes en rappelant leur nom qui leur confère le statut humain dénié par les nazis qui les tatouaient d’un numéro et les appelaient stück, mais aussi

- rappeler les leçons à tirer de cette histoire tragique quand les discours de haine et d’intolérance fondent un programme politique.

Nous étions persuadé que ce deuxième but deviendrait petit-à-petit obsolète car tellement évident par l’ampleur des atrocités développées dans la mise en œuvre de la shoah face à notre société humainement si développée.

Nous nous bercions d’illusions !

Nous étions conscient de la fracture sociale qui s’élargissait mais nous étions loin d’imaginer qu’elle allait reprendre comme bouc émissaire les mêmes que ceux qui en avait déjà payé le prix il y a seulement 70 ans, c’est-à-dire les juifs et les roms auxquels nous rendons hommages par la même occasion en ce jour !

Aujourd’hui, les laissés pour compte de notre société, souvent confrontés à des problèmes identitaires, ont développé un rejet des valeurs d’une société dans lequel ils ne se retrouvent plus. Cela a permis l’essor d’idéologies antisémites, anti institutionnel sous couvert d’antisystème qui est le terreau d’un embrigadement dont le résultat est à ce jour 1 450 combattants français au sein de l’Etat Islamique et les attentats que nous avons connus contre les autorités, contre la liberté d’expression et contre les juifs.

Cette violence et surtout la compétition économique pour des emplois devenus rares avec l’explosion du chômage, a de l’autre côté généré une réaction de repli qui permet à l’extrême droite par un discours de peur de banaliser son racisme traditionnel.

Ces deux idéologies partagent ainsi une démagogie populiste et xénophobe, l’intolérance et l’antisémitisme contraires aux valeurs de notre République.

Alors quel choix reste-t-il aux juifs de France coincés entre ces deux extrémismes ? Car c’est un non-sens de croire que choisir un de ses deux camps permettra de modifier son approche.

Certains disent qu’il faut partir, et donner ainsi raison à ceux qui ne nous veulent pas au sein de la communauté nationale ?

Par deux fois dans son histoire républicaine, une partie minoritaire de la population française a essayé de séparer les juifs de la République française auxquels ils sont attachés depuis qu’elle leur a donné le droit d’être citoyen.

Avec l’affaire Dreyfuss, l’antisémitisme maurassien a essayé de nous considérer comme des étrangers. Le combat fut long mais l’appui des élites éclairées ont permis à la France de garder son unité.

Puis ce fût l’Etat de Vichy qui livra des juifs français à l’ennemi, pour des raisons raciales, et dont nous lirons les noms des victimes pour l’Alsace tout à l’heure. Là encore le combat de la Résistance fut âpre, mais vainqueur de l’hydre nazi et de ses collaborateurs, la France put se réunifier autour des valeurs de la République restaurées.

Aujourd’hui, c’est l’amalgame qui fait des juifs français, des croisés, des sionistes ou des occidentaux sans même avoir réellement besoin de justifier la haine qu’on leur porte et qui aboutit à ces militaires et policiers en arme pour protéger nos lieux de vie.

Nous n’oublions pas que notre liberté, notre tolérance et notre fraternité constituent un bien précieux et rare dans notre monde et qu’il nous faut les défendre.

Nous saurons résister à cette troisième tentative car c’est notre devoir comme l’exprime si bien ce chant pour l’armée du Rhin qui, selon la légende, fût entonné pour la 1ère fois dans cette place de Strasbourg :

«Nous entrerons dans la carrière

- Quand nos aînés n'y seront plus

- Nous y trouverons leur poussière

- Et la trace de leurs vertus»

Et dans un autre paragraphe, il est précisé :

«Quoi ces cohortes étrangères!

- Feraient la loi dans nos foyers!

- Quoi! ces phalanges mercenaires

- Terrasseraient nos fils…»

Alors évidement, car vous aurez reconnu notre hymne national :

«Aux armes citoyens

- Formez vos bataillons

- Marchons, marchons…».

Pour défendre notre République et ses valeurs.

Ce combat est légitime et méritoire, la présence aujourd’hui de jeunes de l’établissement public d’insertion de la défense, Epide, en est emblématique.

Soyez fier de votre volonté de construire votre vie et de votre engagement de le faire pour la République française. Nous sommes honorés de votre présence car vous en êtes l’avenir et l’espoir pour nous.

Merci à vous.

Pierre HAAS
Président de l'U.J.L.S.

le mot du président

Chers amis,

Ce week end résonne tristement en nous.

Après une nouvelle attaque d’un lieu juif à Copenhague qui a fait une victime sous les balles d’un jeune radicalisé de 22 ans, ce sont nos morts de Sarre-Union qui subissent la profanation de 5 jeunes mineurs de 15 à 17 ans.

Soixante-dix ans après la libération des camps, l’antisémitisme s’exprime à nouveau en Europe sous les formes les plus abjectes. Une partie de la jeunesse d’Europe semble ne plus avoir de repères corrects.

Nous devons rester unis pour rappeler et exprimer avec force aux jeunes les valeurs humanistes qui fondent notre société dont le respect de la vie et celui des sépultures.

C’est pourquoi quelques membres de notre communauté se sont joints au rassemblement au cimetière de Sarre-Union en présence du Président de la République, des Présidents du Sénat, de l’Assemblée Nationale, du Ministre de l’intérieur, de son excellence l’ambassadeur d’Israël et des autorités locales et communautaires.

Nous fêterons bientôt Pourim qui nous apportera l’espoir de vaincre ainsi continuellement ce Phénix immonde de l’antisémitisme.

Pierre HAAS
Président de l'U.J.L.S.

Allocution lors de la cérémonie de Yom Hashoah 2015, Place Broglie à Strasbourg, en présence des jeunes de l’EPIDE.